Moundir: bourreau d’école ou tribun d’un nouveau genre?

Ahhhhh !!

Le retour du grand Moundir ! L’esthète, l’aventurier, le passionné, la tête brûlée à la crème de coing (à moins que ce ne soit l’inverse…) !
Notre héros à la crinière désinvolte et au regard fier refait donc surface médiatique dans une énième reality show dont nous tairons le nom. Pour la simple et bonne raison qu’on s’en branle du concept, c’est qui fait le jeu c’est l’homme et pas l’inverse, diantre ! Et c’est d’ailleurs le con tenu du con tenant qui nous intéresse ici.
Nan, pas les pouliches cosmétisées jusqu’aux mollets : elles on s’en fout, c’est toujours la même brochette de viande qui grille au barbecul….

Nan, le vrai intérêt, con venons-en,  c’est bien Moundir, comme dit en tête d’article. Et quand Moundir nous joue du Moundir, c’est un régal !

A retrouver: ici

L’audience abêtie et complice que nous sommes se gosse à en crever ! Nous sommes demandeurs de ce spectacle de médiocrité et de pavoisements égarés ! Oui, nous aimons nous divertir du quidam imprudent lorsque ce malheureux enfile sa fraise et son nez rouge pour triompher sous le chapiteau des clowns tristes…mais célèbres !

En réalité, Moundir est un pur produit de son époque : une âme appauvrie par le sens caché et l’engagement délétère des con citoyens. Son élocution primale et sa grammaire primaire ne font que traduire la modernité de notre temps : Moundir, c’est la jeunesse bestiale, celle du langage SMS, de la rébellion je m’en foutiste, du rapport osé à l’image, la décadence d’une société trop rigide que les propos orduriers et la défiance voyeuristes font imploser.

Moundir est à la fois un porte drapeau et un jeune comme un autre dans un monde changé, révolu qui expire son dernier râle de mourant à l’aube d’un no future globalisé.
En fait, Moundir, c’est pas l’autre, c’est vous, moi et TOUS les autres : ceux que l’on feint de ne pas voir, ce contingent invisible de mutins sociétaux ; ceux qu’on feint de considérer, muselant la parole nouvelle au bénéfice des redondances prophétiques des vieux singes. Perdue, négligée, diluée dans des espaces aux frontières idéologiques poreuses, la jeunesse passe le temps, enfermée dans les geôles lugubres de l’intellect collectif.

Mais viendra l’heure où par millions, ces jeunes défieront le pouvoir, réclamant leur innocence perdue et pervertie par la déchéance inexorable de leurs pères. Ils seront bientôt là, aux portes des lois, bousculant les carcans poussiéreux des us et coutumes à grand renfort de « Kesskya ? », « LOL », « mdr », « IMAO », « Conar », « jte kiff »…. .
Et ce jour là, Moundir ne sera plus une bête de foire jetée à la critique des sages mais l’ouvrier d’un monde nouveau.

Ou alors, c’est juste que c’est vraiment un con et là, on est reparti pour un siècle d’évolution ratée….

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One response to “Moundir: bourreau d’école ou tribun d’un nouveau genre?

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